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Etudes de France Agro³ pour améliorer la santé des sols

par | 6 Avr 2021 | Actualités

Joséphine Peigné

Les chercheurs de France Agro³ participent, grâce à leurs travaux, à l’amélioration des techniques d’évaluation de santé des sols. Leurs préconisations viennent alimenter la richesse des pratiques agroécologiques. Alors quelles sont-elles et comment les mettre en place ?

Le travail de conservation

Les techniques telles que le « semi direct » ou le « non-labour » évitent que le sol soit perturbé et permettent de mettre en place des cultures alors que les résidus de la culture précédente sont encore présents : ceci permet de prévenir l’érosion par le vent et l’eau tout en réduisant le risque de tassement. Cependant ce n’est pas sans difficulté et se passer de labour n’est pas simple : La question essentielle est la maîtrise des adventices (mauvaises herbes), car les systèmes en non-labour sont souvent de grands consommateurs d’herbicides. C’est pourquoi nos chercheurs travaillent en collaboration avec des industries et des agriculteurs pour développer des solutions alternatives, plus respectueuses de l’environnement.

La couverture végétale permanente

Les chercheurs de France Agro³ étudient aussi les effets des couverts végétaux sur le sol. Il s’agit de toujours occuper le sol avec des plantes maitrisées en alternant entre des cultures annuelles et des cultures intermédiaires. Ces derniers agissent comme un manteau et protègent le sol d’une exposition aux conditions climatiques extrêmes. Ils fournissent aussi un meilleur environnement pour les micro-organismes du sol.

L’association et la rotation des cultures avec des légumineuses

La mise en place de la rotation des cultures aide le sol à développer de nouveaux organismes plus diversifiés, puis à conserver un bon équilibre en éléments nutritifs. C’est une façon d’obtenir des légumes et un sol sain, car tous les types de culture n’ont pas les mêmes besoins. Par exemple, les légumes-feuilles recherchent un sol riche en éléments nutritifs et plus particulièrement en azote. Les légumes racines, quant à eux, puisent leur nourriture en profondeur : ils sont donc fatigants pour le sol tandis que les légumineuses au contraire enrichissent la terre en azote. L’étude de l’association de culture pour sauver les sols est une thématique de recherche bien représentée à France Agro³.

Témoignage de Joséphine Peigné, chercheuse à l’Isara

« Depuis 2003, avec mes collègues de l’Isara, nous menons des travaux sur la fertilité des sols en agriculture biologique. Afin de préserver les sols, nous testons des pratiques dites agroécologiques dans des systèmes de grandes cultures, en agriculture biologique. L’AB est un mode de production qui préserve la fertilité des sols, toutefois nous pouvons encore l’améliorer !

Par exemple en réduisant le travail mécanique (comme le labour), ou en diversifiant encore plus les plantes cultivées dans ces systèmes, via l’association de cultures par exemple. Nous regardons l’ensemble des composantes physiques, chimiques et biologiques du sol, via des suivis d’expérimentation le plus souvent implantées directement chez les agriculteurs. C’est un point fondamental de nos travaux, travailler avec les agriculteurs pour que nos recherches soient les plus utiles possible.

Ces deniers temps nous essayons de mettre au point des techniques de semis direct sous couvert roulé en AB (doctorat de Laura Vincent-Caboud). Cette technique, très innovante en AB, constitue un véritable challenge : se passer de travail du sol et de glyphosate, pour protéger au mieux les sols ! Ce travail mobilise des agriculteurs expérimentateurs, avec qui nous construisons de façon collaborative des itinéraires à tester dans leurs fermes. »

Après un doctorat en sciences agronomiques effectué à l’INRA de Colmar sur l’évaluation environnementale, Joséphine Peigné intègre l’Isara en 2003 comme enseignante-chercheuse. Elle mène des recherches sur la fertilité des sols, et plus particulièrement sur l’agriculture de conservation en agriculture biologique, et son impact sur le sol. Après 15 ans à l’Isara, elle soutient une habilitation à diriger la recherche (HDR) en 2018 à l’université de Lyon 1. Depuis elle dirige l’équipe de recherche Agroécologie et Environnement (AGE) qui regroupe une vingtaine d’enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens. Leurs travaux portent sur la conception et l’évaluation de systèmes de production (terrestres et aquatiques) mobilisant des pratiques agroécologiques. Et bien sûr, elle enseigne auprès de nos étudiants, et assure l’encadrement de stagiaire et doctorant.

Joséphine Peigné